RTFlash

Le premier logiciel de reconnaissance graphique

D'un côté, 350 à 500.000 photos pédophiles échangées par ordinateurs interposés. De l'autre, un super logiciel made in France. La police judiciaire, grâce à un nouveau système à l'essai dès 2001, veut affronter les pervers sur leur propre terrain : l'Internet. Surfimage un logiciel de pointe élaboré par l'INRIA et des chercheurs de LookThatUp, tourne déjà à titre expérimental dans les ordinateurs des enquêteurs au sein de la Division nationale pour la répression des atteintes aux personnes et aux biens (DNRAPB). Selon leur responsable, le commissaire Jean-François Cossé, "350 à 500.000 clichés à caractère pédophile" circulent par messageries et sont stockés dans des disques durs ou consultables sur le Web. "Il y a les images connues. Certaines ont 30 ans comme une série nommée Lolitas. Ces images ne nous intéressent pas dans un sens d'investigation", explique le policier. L'objectif de son service "est d'identifier les victimes et les auteurs d'infractions les plus récentes". Au moment d'une perquisition, on saisit un disque dur ou des cédéroms. Notre difficulté est de trier rapidement toutes les photos trouvées. Il faut un outil qui puisse reconnaître si une de ces images fait partie d'une série connue et à l'inverse signaler des images non encore répertoriées". Le temps passé pour le tri est en effet capital, constate le commissaire. "S'il faut six mois d'expertise, ce n'est pas intéressant. L'idéal est d'obtenir les résultats dans la période de garde à vue". Plus les photos seront jugées récentes ou inconnues du logiciel, plus les policiers auront des chances de remonter à l'auteur des clichés. Le principal rôle de Surfimage consiste à "indexer" les photos saisies, c'est-à-dire à les analyser selon différents paramètres tels que couleurs, texture, etc... Les images indexées rentrent ensuite dans une base de données. Le logiciel, en plus de ce classement, est capable d'une comparaison qui remplace l'oeil exercé du policier. Affiné, Surfimage pourra reconnaître des détails identiques dans différentes photos, par exemple dans des vêtements, des couvertures ou du mobilier. La lutte contre les pédophiles collectionneurs ou auteurs de sévices ne peut à terme s'envisager sans ce que M. Cossé appelle un "inventaire mondial". La police suédoise, par exemple, pionnière en la matière, a expérimenté "Excalibur", un logiciel qui lui a permis d'élaborer une vaste photothèque. "Cela pose la question de la communication des supports saisis d'État à État, et avec quelle interface: Europol ? Interpol ?", s'interroge le commissaire qui précise que les collaborations entre pays existent mais souffrent souvent de longueurs et d'absence d'outil commun.

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