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L'ocytocine protègerait le bébé de la douleur à la naissance

L'enfant souffre-t-il à la naissance ? Juste après sa venue au monde, le nouveau-né serait moins sensible à la douleur s'il est né par voie basse que s'il est né par césarienne, avait montré une équipe suédoise en 2008. Un groupe de neurobiologistes français, finlandais, russes et italiens piloté par l'équipe de R. Khazipov et Y. Ben-Ari, de l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée (Inserm/Université de la Méditerranée), à Marseille, vient de mettre en évidence le mécanisme qui préserve l'enfant de la douleur à la naissance et durant quelques heures après.

La naissance est source de stress pour l'enfant, voire de douleur lorsque le fœtus est comprimé ou manque d'oxygène, ou lors de l'utilisation de forceps. En 2008, l'équipe suédoise avait observé que les enfants qui venaient de naître par voie naturelle réagissaient moins à des stimulus douloureux que ceux nés par césarienne, ce qui suggérait qu'un mécanisme antidouleur s'était activé pendant l'accouchement et était resté efficace durant quelques heures.

Lors de l'accouchement, la production d'ocytocine augmente notablement chez la mère : cette hormone favorise la contraction de l'utérus, l'allaitement et l'attachement au nouveau-né, et, chez l'adulte, elle a notamment un effet antalgique. Dans un travail précédent, l'équipe marseillaise avait montré que l'ocytocine inhibe des neurones du cortex de fœtus de rat en modifiant la concentration des ions chlorures qu'ils contiennent. L'hormone réduirait-elle la douleur du nouveau-né par le même mécanisme ? Oui, montre à présent le groupe international chez des rats : l'ocytocine maternelle a un effet antalgique chez les nouveau-nés et cet effet est dû à une inhibition des neurones, liée aux ions chlorures.

Pour déterminer si l'ocytocine agit par l'intermédiaire du chlore, ils ont comparé son effet à celui d'un diurétique qui réduit la quantité d'ions chlorures dans les neurones : le diurétique non seulement reproduit l'effet analgésique de l'ocytocine sur les rats nouveau-nés, mais entraîne aussi la même réponse chimique que l'ocytocine lorsqu'il est utilisé directement sur les neurones de la douleur (les neurones qui détectent le signal douloureux et le transmettent au cerveau). En d'autres termes, il est vraisemblable que l'hormone agisse comme un agent antalgique chez le nouveau-né en réduisant la concentration des ions chlorures dans les neurones de la douleur, à l'instar du diurétique.

À la naissance, les douleurs trop fortes ou persistantes chez le fœtus conduisent parfois à des séquelles neurologiques. En augmentant la résistance de l'enfant à la douleur pendant ces épisodes, l'ocytocine diminuerait le risque de telles séquelles et agirait comme un mécanisme protecteur naturel. Une donnée à prendre en compte lorsqu'un inhibiteur de l'action de l'ocytocine est administré pour ralentir l'accouchement, ou lors des césariennes programmées.

Pour la Science

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