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L'hydrogène pourrait représenter 20 % de l'énergie consommée en 2050

Alors que se profile l'abandon du moteur thermique à l’horizon 2040, l’hydrogène essaye de trouver sa place dans le nouveau paysage énergétique. La filière, réunie au sein du Conseil de l’hydrogène ("Hydrogen Council"), a profité de la COP23 pour publier une feuille de route particulièrement optimiste pour l’avenir.

Intitulée "La montée en puissance de l’hydrogène", l’étude menée par le cabinet McKinsey table sur le fait que l’hydrogène, déployé à grande échelle, pourrait représenter près d’un cinquième de l’énergie totale consommée en 2050, avec une demande annuelle multipliée par dix. L’hydrogène pourrait ainsi alimenter 10 à 15 millions de voitures et 500 000 camions d’ici à 2030.

"Le monde du XXIème siècle doit effectuer une transition vers l’utilisation d’énergies à faibles émissions de carbone", explique Takeshi Uchiyamada, PDG de Toyota Motor Corporation et co-président de l’Hydrogen Council. "L’hydrogène est une ressource indispensable pour parvenir à cette transition car il peut servir à stocker et transporter de l’électricité d’origine éolienne, solaire ou provenant d’autres sources renouvelables en vue d’une utilisation dans les transports ou dans tout autre domaine".

L’hydrogène pourrait ainsi contribuer à hauteur de 20 % à l’objectif de réduction des émissions de CO2 d’ici la moitié du siècle. Il générerait un chiffre d’affaires de 2 500 milliards de dollars et créerait plus de 30 millions d’emplois. Mais pour cela, d’importants investissements sont nécessaires, de l’ordre de 20 à 25 milliards de dollars par an.

"Les solutions sont matures sur le plan technologique et des acteurs industriels se sont engagés. Nous avons désormais besoin d’efforts concertés de toutes les parties prenantes pour que cette ambition se matérialise", lance Benoît Potier, PDG d’Air Liquide et co-président de l’Hydrogen Council.

Jusqu’ici reléguée au second plan derrière les véhicules électriques, la filière hydrogène commence à se faire une place dans la mobilité propre. Le constructeur ferroviaire français Alstom vient d’annoncer la livraison de 14 trains à hydrogène, d’une autonomie de 1 000 kilomètres, en Allemagne. Pau (Pyrénées-Atlantiques) a également lancé la première ligne de bus alimentés par de l’hydrogène. Et un bateau bus à hydrogène a été inauguré début novembre à La Rochelle (Charente-Maritime).

L’hydrogène peut être produit à partir de gaz naturel ou bien à partir d’énergies renouvelables, par électrolyse de l’eau. Avec une consommation mondiale de 60 millions de tonnes par an, il représente moins de 2 % de la consommation mondiale d’énergie. Mais le déploiement des énergies renouvelables pourrait rapidement changer la donne. L’énergéticien Engie a ainsi décidé de se doter d’une entité dédiée à l’hydrogène renouvelable, après avoir cédé ses actifs de la filière amont de gaz naturel liquéfié à Total.

Pour l’instant, 7 000 voitures roulent à l’hydrogène dans le monde, dont une cinquantaine de taxis Hype à Paris. Mais le conseil de l’hydrogène, lancé en début d’année au forum économique mondial de Davos, entend bien convaincre les gouvernements et les investisseurs de l’intérêt de la filière. Il réunit 18 multinationales parmi lesquelles Air Liquide, Alstom, Audi, BMW, General Motors, Hyundai, Statoil, Total ou encore Toyota… mais pour l’instant, aucun constructeur français.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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