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L'exploration de la Lune : un enjeu technologique et commercial

Le projet américain d'exploration de la Lune dès 2020 avec l'établissement d'une colonie et l'exploitation des ressources pour préparer une future mission habitée sur Mars, offre un énorme potentiel commercial qui devrait attirer les investissements privés, selon plusieurs experts. "Je me concentrerai sur une logique de marché dans la création d'un avant-poste lunaire fondé sur l'intérêt que représentent les propriétés de l'hélium 3 pour produire sur Terre, où il est rare, de l'énergie avec la fusion nucléaire", a expliqué Harrison Schmitt, astro-géologue de l'université du Wisconsin (nord) et ancien astronaute de la dernière mission Apollo (17) sur la Lune.

"Nous savons déjà, depuis l'analyse des échantillons ramenés par les missions Apollo il y a 35 ans, que l'hélium 3, idéal pour la fusion, est abondant dans le sol lunaire", a-t-il ajouté devant la presse à la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la Science (AAAS) qui a lieu à San Francisco. L'hélium 3 est présent sur les couches extérieures du Soleil qui en projette dans tout le système solaire. Repoussé par le champ magnétique terrestre, il s'accumule facilement à la surface de la Lune privée d'atmosphère.

La Lune aurait des réserves d'hélium 3 de l'ordre du million de tonnes alors même que, selon des évaluations, 25 tonnes suffiraient pour satisfaire les besoins en énergie des USA et de l'Europe pendant de nombreuses années. Alléchée par cette manne potentielle, la Russie avait annoncé en 2005 son intention d'exploiter l'hélium 3 lunaire dès 2020.

Pour cela, elle installerait en 2015 une base permanente capable d'extraire de la surface ce précieux isotope et de servir à la mise au point d'un nouveau système de transport régulier entre la Terre et la Lune. Le Japon, la Chine et l'Inde prévoient à court terme d'envoyer des sondes robotisées autour de la Lune pour évaluer ses ressources. La Chine a aussi annoncé son intention d'aller sur la Lune.

"Si les investisseurs jugent que le programme de la Nasa est réalisable, ils continueront à injecter des capitaux pour, à la fois développer la fusion sur Terre et les capacités d'exploiter l'hélium 3 de la Lune", a expliqué l'ancien astronaute d'Apollo 17.

"C'est le même principe que celui utilisé pour d'autres grands projets et je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas", a-t-il ajouté. Harrison Schmitt a aussi jugé "le projet de retour de la Nasa sur la Lune comme étant une approche rationnelle qui, si elle suffisamment financée par le Congrès, devrait être couronnée de succès".

Pour Paul Spudis, du laboratoire de physique appliquée de l'Université Johns Hopkins dans le Maryland (est), "la première source de revenu sur la Lune sera alimentée au moment du retour par le commerce de certaines informations liées aux activités d'exploration scientifique et des conditions de vie dans la colonie lunaire". "Je pense qu'il y a un énorme marché potentiel pour cela", a-t-il commenté, citant "la télévision interactive, la réalité virtuelle en temps réel, des systèmes de contrôle à distance à partir de la Terre", etc.

Selon Jeffrey Taylor, un astrophysicien de l'Institut de planétologie et de géophysique de l'université d'Hawaï, "le but central de l'exploration humaine de l'espace est l'établissement de colonies". "Cette entreprise ambitieuse conduira à la création d'entreprises et de richesses pour la population de la Terre en ouvrant aussi de nouvelles perspectives et approches pour régler nos problèmes les plus brûlants", a-t-il ajouté au cours de la même conférence.

AFP

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