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L'évaporation : nouvelle source d'énergie renouvelable ?

Une équipe de chercheurs de l'Université Columbia de New-York propose que l'on utilise la vapeur d'eau qui s'échappe de grandes étendues d'eau comme source d'énergie non polluante.

Cette étude souligne que la surface terrestre absorbe environ 48 % de la lumière provenant du Soleil. Un montant équivalent d'énergie est restitué par la surface terrestre sous la forme d'évaporation (25 %), de convection (5 %) et de rayonnement thermique. Pour le Dr. Ahmet-Hamdi Cavusoglu et ses collègues, l'évaporation naturelle représente une source d'énergie à fort potentiel que nous avons la capacité technique d'exploiter.

Pour ces scientifiques, elle pourrait même égaler le solaire et l'éolien : ils estiment à 325 gigawatts la puissance provenant de l'évaporation des lacs et réservoirs d'eau de plus de 10 hectares aux Etats-Unis (à l'exclusion des Grands Lacs), ce qui représente 69 % de l'énergie électrique générée aux USA en 2015.

Cette forme d'énergie présente l'avantage d'être bien moins dépendante des conditions météorologiques que le solaire ou l'éolien, et ne serait donc pas intermittente, ce qui est important dans les régions où l'alimentation électrique varie en fonction des saisons et où les coupures peuvent être nombreuses. Elle serait également doublement utile dans des régions souffrant de la sécheresse et permettrait, selon cette étude, de diviser par deux les pertes d'eau par évaporation.

Ces recherches précisent que pour les seuls Etats-Unis, 96,4 milliards de mètres cubes d'eau pourraient être récupérés chaque année grâce à une partie de l'évaporation récupérée dans le processus de production d'électricité.

Les auteurs de l'étude ont pris l'exemple d'une retenue d'eau artificielle, le E.V. Spence Reservoir, dans le Texas. En recouvrant cette étendue d'eau de 38 km2 d'une centrale à évaporation, cela générerait une puissance de 178 mégawatts. "C'est 62 MW de plus que la phase 4 de la ferme éolienne de Sweetwater proche", comparent-ils. Sur un plan plus global, "nos résultats montrent que l'énergie potentielle disponible excéderait la demande dans 15 des 47 états des Etats-Unis, et économiserait plus d'eau potable qu'il en est consommé dans 7 de ces 15 états", explique l'équipe du Dr. Cavusoglu.

Pas question pour autant de recouvrir tous les lacs précise l'étude qui insiste sur le fait que ces centrales à évaporation doivent être implantées au cas par cas, en tenant bien compte du contexte local, de manière à ne pas avoir un impact négatif sur les ressources en eau locales ou sur les autres utilisations de ces lacs (pêche, loisirs...).

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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