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Inhaler de la morphine sur ordonnance

Deux essais expérimentaux positifs viennent d'être publiés, l'un conduit chez de jeunes blessés atteints de fractures qui, aux urgences, ont «sniffé» de la morphine avec profit, l'autre chez des diabétiques insulinodépendants qui ont remplacé les injections quotidiennes par des inhalations. De quoi redonner de l'élan aux recherches déjà intenses conduites dans de nombreux pays sur les substances «à libération contrôlée». Un domaine dont les champs d'application dépassent largement la pharmacie: sont par exemple intéressées la droguerie, la parfumerie, la bonneterie, l'agriculture et autre pâtisserie. Des médecins britanniques préconisent de donner de la morphine à inhaler aux enfants. Shocking? Incitation à la débauche? Pas du tout, car il s'agit de recommandations concernant le traitement de la douleur aiguë chez les jeunes blessés. Après une rigoureuse étude clinique, des pédiatres urgentistes estiment que la voie nasale est préférable à la voie intramusculaire pour administrer des sels de morphine à des enfants victimes de fractures du bras ou de la jambe. On imagine mal qu'un enfant ou un adolescent puisse ne pas être d'accord avec eux pour estimer que les sprays sont préférables aux piqûres. Pour les pédiatres qui ont conduit une étude, la voie nasale doit être préférée aux injections. Les auteurs de l'étude remarquent que toutes les méthodes utilisées pour calmer la douleur aiguë chez les malades jeunes ont leurs limites. Les sprays de sels de morphine ou d'autres opiacés (fentanyl, meperidine) ont déjà été utilisés pour le traitement des douleurs opératoires. Chez l'enfant, une étude avait déjà montré l'intérêt de l'analgésie de la morphine par voie nasale. Une autre étude a montré la supériorité du spray sur les gouttes. Dans l'essai conduit en Grande-Bretagne, les jeunes blessés (fractures du membre supérieur ou inférieur) avaient entre 3 et 16 ans. Le protocole de l'étude prévoyait de conduire dans huit hôpitaux britanniques une comparaison des deux voies d'administration de sels de morphine sur une population totale de quatre cents jeunes, dimension suffisante pour mettre en évidence une différence d'efficacité, si elle existait, et d'éventuels effets secondaires sérieux de fréquence notable (supérieure à 18 pour 1 000). Pour les pédiatres qui ont conduit cette étude, la voie nasale doit être choisie, et préférée aux injections, pour administrer de la morphine aux jeunes blessés en cas de douleur aiguë due à une fracture. Il conviendrait aussi, notent-ils, d'y recourir pour calmer la douleur traumatique chez les jeunes, après par exemple des brûlures ou des blessures des doigts, et lorsqu'on refait les pansements. Le spray est par ailleurs actuellement évalué chez l'adulte pour le contrôle des douleurs lors de soins palliatifs et pour l'analgésie postopératoire.

Figaro : http://www.lefigaro.fr/

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