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Le génome du chat est décrypté

Des scientifiques sont parvenus à séquencer le génome du chat domestique, septième mammifère y compris l'homme dont tous les gènes ont été identifiés à ce jour, ce qui ouvre un nouveau potentiel de recherche médicale pour les humains et ces félins. Ces travaux publiés dans le journal Genome Research, ont été conduits par des chercheurs américains sur l'ADN d'un chat abyssin de quatre ans appelé Cinnamon (cannelle) dont la lignée remonte à plusieurs générations en Suède.

Cinnamon est un des mammifères objet actuellement d'une analyse comparative avec d'autres recherches génétiques déjà conduites sur des chats ainsi qu'avec le séquençage de génomes d'autres mammifères.

Les généticiens du Cold Spring Harbor Laboratory (New York, est) ont pu identifier 20.285 gènes formant le génome du chat. Pour ce faire, ils ont analysé les similarités entre le génome du félin et ceux de six mammifères déjà séquencés. Il s'agit de celui de l'homme, du chimpanzé, de la souris, du chien, du rat et de la vache.

Cette comparaison a aussi révélé des centaines de modifications chromosomiques qui se sont produites parmi les différentes lignées de mammifères quand elles ont divergé d'un ancêtre commun. Ce dernier vivait à l'époque des dinosaures il y a cent millions d'années.

Dans la mesure où le chat domestique est un excellent modèle de recherche pour étudier les maladies humaines, l'analyse des séquences du génome de ce félin peut conduire à des percées médicales. Ceci est la raison pour laquelle l'Institut national américain de recherche sur le génome humain (National Human Genome Research Institute) a initialement autorisé ce projet il y a trois ans, relève Stephen O'Brien, un des co-auteurs de ces travaux.

Les chats domestiques souffrent de plus de 250 troubles héréditaires dont un grand nombre sont similaires à des pathologies génétiques humaines, précise ce chercheur. A titre d'exemple, le pedigree de Cinnamon comprend une mutation génétique responsable de la rétinite pigmentaire, une affection de l'oeil. Cette dégénérescence progressive de la rétine, qui peut entraîner une cécité, affecte un Américain sur 3.500. Le chat peut aussi être un excellent modèle de recherche sur les maladies infectieuses dont le Sida. Le virus de l'immunodéficience acquise féline (VIF) est génétiquement proche de celui affectant l'homme, le VIH.

Ces chercheurs ont pu aussi identifier plusieurs centaines de milliers de variations génomiques qui peuvent servir à déterminer l'origine génétique de maladies héréditaires communes. Ces variations sont aussi utiles pour des tests destinés à établir des liens de parenté, identifier un cadavre ou étudier l'évolution des espèces et leur adaptation à l'environnement au cours des âges.

Selon une étude publiée en juin par Stephen O'Brien et basée en partie sur les recherches sur le génome du félin, le premier chat domestique était un chasseur de souris qui a noué des liens étroits avec les premiers agriculteurs installés au Proche-Orient il y a 10.000 ans et dont les stocks de céréales attiraient les rongeurs. Le séquençage du génome du chat va aussi probablement se traduire par des traitements permettant de soigner plus efficacement cet animal domestique.

Science

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