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La diminution de la pollution aux États-Unis serait bénéfique pour l'Afrique…

Des chercheurs de l'Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l'Université de Columbia ont étudié les conséquences d'une absence totale d'émissions de dioxyde de soufre (SO2) en provenance des Etats-Unis sur le climat de l'hémisphère nord. Selon cette étude, en l'absence de SO2, la saison des pluies sahéliennes augmente de 10 %, les pluies tombent 35 kilomètres plus au nord et durent deux jours et demi plus longtemps. Une très bonne nouvelle pour l'agriculture africaine !

« Nous avons montré que les bénéfices retirés par l’Amérique des politiques de lutte contre la pollution de l’air pour la santé humaine et l’environnement sont aussi favorables au climat global », se réjouit Dan Westervelt, l’auteur principal de l’étude.

De précédentes études avaient montré que les émissions de soufre provenant d’Europe et d’Asie sont à l’origine des graves sécheresses subies par les pays sahéliens au début des années 1970 et dans les années 1980. Le SO2 bloque en effet le rayonnement solaire et fait diminuer, par ce fait, les températures de l’hémisphère nord. Cette chaleur qui n’arrive pas au sol est estimée à 0,41 Watts par m² (W/m²). C’est peu (en moyenne la planète reçoit 1361 W/m²), mais c’est suffisant pour perturber la "ceinture des pluies" qui remonte l’été de l’Equateur vers le nord.

La mousson africaine se déclenche en effet grâce à la différence de température entre le désert du Sahara qui se réchauffe au printemps et les eaux fraîches du golfe de Guinée. Une température plus fraîche dans l’hémisphère nord entrave donc la remontée des nuages vers le Sahel.

Les politiques américaines de réduction de la pollution de l’air ont démarré dès le début des années 1980. Industries et centrales thermiques ont dû s’équiper de systèmes de dépollution de leurs fumées. Les émissions de SO2 ont drastiquement baissé, éradiquant presque complètement le phénomène des pluies acides.

Si ces efforts ne semblent pas pour l’instant avoir d’effets favorables mesurables sur la mousson africaine, les travaux de modélisation montrent que ceux-ci devraient intervenir dans le courant du siècle. « Nous avons été surpris de découvrir que diminuer les émissions de soufre dans seulement un pays influencerait significativement les pluies sur un autre continent, à des milliers de kilomètres de là », a déclaré Arlène Fiore, co-auteure de l’étude.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

JGR

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