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Développer les carburants de synthèse d'origine renouvelable pour accélérer la baisse des émissions de CO2

Quel que soit le rythme de progression des véhicules propres (voitures électriques ou à hydrogène) au niveau mondial, il est peu probable qu'il soit assez rapide pour permettre une réduction suffisante des émissions de CO2 liées aux transports, surtout si l'on prend en compte le taux de renouvellement du parc mondial d'automobiles.

C'est pourquoi, parallèlement au développement des véhicules non thermiques, les constructeurs automobiles et les géants du pétrole intensifient leurs recherches pour pouvoir remplacer l'essence et le gazole raffinés à partir de pétrole par des carburants de synthèse produits à partir d'énergies renouvelables, mais compatibles avec les voitures thermiques actuelles, qui, dans tous les cas, ne vont pas disparaître du jour au lendemain.

Des acteurs majeurs de l'industrie chimique, pétrolière, mais aussi automobile comme le groupe Volkswagen et Bosch, se sont d'ores et déjà engagés dans cette voie. L'une des méthodes les plus prometteuses, théorisée par le Prix Nobel de chimie George A. Olah, consiste à produire du méthanol afin de s'en servir comme vecteur d'énergie universel. Car le méthanol, aussi appelé alcool méthylique, présente notamment l'avantage de pouvoir être synthétisé à partir de nombreuses énergies primaires, simplement à partir de biomasse, ou de CO2 et d'hydrogène, mais aussi et surtout à partir de CO2, d'eau, et d'électricité excédentaire produite par des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques.

Liquide et donc facilement stockable et distribuable via des stations-service existantes, le méthanol peut être utilisé pur dans des moteurs essence optimisés à cet effet, ou mélangé à de l'essence comme c'est le cas à hauteur de 15 % pour le M15 distribué en Chine. Le méthanol peut également être converti, soit en essence de synthèse via le procédé MTG (Methanol To Gasoline), soit en un composé capable de se substituer au gazole comme l'Oxymethylene ether (OME) ou le Dimethyl ether (DME).

La production industrielle, à un coût compétitif, de ces carburants de synthèse compatibles avec le parc automobile actuel, pourrait permettre de ne pas avoir à attendre le renouvellement de ce dernier pour réduire massivement de la participation du secteur des transports au dérèglement climatique : les émissions de CO2 d'origine fossile des véhicules à moteur thermique pourraient ainsi être progressivement abaissées jusqu'à 90 % dans les années à venir.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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