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Un coup de pouce décisif pour les énergies renouvelables

Vive le pétrole cher ! Les partisans des énergies renouvelables ne peuvent que se réjouir de la hausse de l'or noir. Conjuguée à la prise de conscience du réchauffement climatique, elle amène enfin Etats, financiers et industriels à miser sur les énergies concurrentes et, en particulier, sur celles les plus « vertes », qui se rapprochent de la rentabilité. L'an dernier, les investissements mondiaux dans l'éolien, le solaire, les biocarburants, la biomasse, etc. ont ainsi bondi de 41 %, pour atteindre 117 milliards de dollars, soit 80 milliards d'euros, selon les évaluations publiées cette semaine par New Energy Finance, un cabinet britannique.

C'est 20 milliards de dollars de plus que ce qui était anticipé. Preuve que les professionnels tablent désormais sur un maintien durable des prix élevés... et des aides publiques. En la matière, ils ne devraient pas êtres déçus. En Europe, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont fixé pour but de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans l'énergie consommée d'ici à 2020. Un objectif très ambitieux que la Commission doit traduire dans une directive qu'elle proposera le 23 janvier. Et, aux Etats-Unis, le sujet est aussi au coeur de la loi sur l'énergie que le président Bush a signée en fin d'année.

Sur les marchés financiers, les énergies propres ont donc le vent en poupe. Malgré la crise du « subprime », près de 19 milliards de dollars ont été levés l'an dernier en Bourse dans ce secteur, soit 80 % de plus qu'en 2006, indiquent les pointages de New Energy Finance. Un envol lié, en particulier, à la mise en Bourse, en décembre, d'Iberdrola Renovables. La filiale spécialisée du groupe espagnol vaut, à elle seule, 24,3 milliards d'euros. Et de très nombreux fonds ont été lancés par des sociétés comme HSBC ou Schroeders pour ceux qui ont envie de jouer les valeurs vertes de l'énergie.

En tête, l'éolien. C'est l'énergie renouvelable qui paraît la plus compétitive, même si elle est encore clairement subventionnée. Elle concentre pratiquement la moitié des investissements.

Les compagnies d'électricité se lancent à corps perdu dans ce domaine, la difficulté consistant à trouver des emplacements où installer des éoliennes sans avoir à ferrailler pendant des mois et des années avec les riverains. Les fabricants de matériel, eux, se frottent les mains. L'action Vestas, le leader mondial, submergé de commandes, a ainsi grimpé de 119 % l'an dernier, après un bond de... 131 % en 2006.

Foison aussi de projets dans la biomasse et le solaire. Récemment, le conglomérat américain United Technologies a annoncé la création d'une société commune avec le fonds US Renewables Group pour développer de nouvelles technologies solaires. Dans les biocarburants, en revanche, l'engouement retombe un peu. Produits à base de betteraves, d'oléagineux, de céréales... ils restent coûteux et nécessitent toujours d'importantes subventions, pour une efficacité environnementale sujette à caution. En outre, ils contribuent à l'inflation des prix agricoles, certains agriculteurs délaissant l'alimentation pour produire du « pétrole vert ».

Les Echos

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