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Cinq grands cataclysmes ont ponctué l'évolution des espèces

Depuis son apparition sur Terre, il y a 3,5 milliards d'années, la vie a dû s'adapter à un environnement qui a profondément varié. La diversité des espèces passées et présentes est là pour le prouver. A plusieurs reprises, la pression du milieu a été si importante qu'elle s'est traduite par des hécatombes, attestées par les études stratigraphiques et paléontologiques. " Certaines ont atteint une telle ampleur qu'elles ont représenté un changement de la physionomie générale du monde vivant. A tel point qu'elles ont servi dès le siècle dernier à déterminer la frontière entre certaines périodes géologiques ", explique Eric Buffetaut, paléontologue et directeur de recherche au CNRS. La plus étudiée et la plus connue est celle qui a entraîné la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d'années. Avec eux ont également été rayés de la planète la plupart des organismes planctoniques ainsi qu'un grand nombre d'invertébrés marins et de grands vertébrés terrestres. Pas un animal d'un poids supérieur à 25 kilos n'a survécu au cataclysme. Les causes de cet événement, qui a marqué la fin du crétacé et le début du tertiaire, font encore l'objet d'âpres débats parmi les scientifiques. L'impact d'une météorite de 10 kilomètres de diamètre sur la presqu'île du Yucatan, au Mexique, qui aurait provoqué une sorte d'" hiver nucléaire ", d'une part, et de monstrueuses coulées de lave ayant duré 500 000 ans, d'autre part, sont les deux hypothèses avancées le plus souvent. Cette extinction est loin d'être la seule. " Elle a été précédée de quatre autres grandes crises, rappelle Claude Babin, professeur de paléontologie à l'université de Lyon. La plus ancienne a frappé la fin de l'ordovicien, il y a 440 millions d'années ; puis il y a eu celle du dévonien supérieur, il y a 365 millions d'années ; celle de la fin du permien, il y a 250 millions d'années ; et enfin celle du trias supérieur, il y a 210 millions d'années. ";La première a été marquée par la disparition de 85 % des espèces, notamment marines. Il semble que la planète ait subi à cette époque une glaciation, à un moment où le super-continent Gondwana était installé au pôle Sud. Cela a eu pour effet de le recouvrir d'une couche de glace, et de faire baisser le niveau des mers, en appauvrissant les eaux en oxygène. Soixante-quinze millions d'années plus tard, la crise du dévonien supérieur a, au contraire, été provoquée par un réchauffement climatique suivi d'une déglaciation. Les eaux mal oxygénées se sont alors répandues sur les plateaux continentaux, près des côtes, où vivaient 85 à 90 % des espèces marines, ce qui a provoqué un massacre. Sur les continents, en revanche, les plantes et les arthropodes n'ont pas paru affectés. L'extinction de la fin du trias se présente différemment. Elle fut, apparemment, beaucoup plus longue que les autres. Mais " la crise majeure ", la catastrophe la plus importante pour la vie sur la Terre, est, de l'avis de nombreux paléontologues, celle qui a frappé la fin du permien, il y a 250 millions d'années. Elle a presque entièrement dépeuplé les mers, où ne survécurent que quelques mollusques, des créatures aux allures de crevettes, ainsi que de rares requins et poissons osseux. Sur terre, les amphibiens primitifs ainsi que la plupart des reptiles mammaliens se sont presque complètement éteints. Il y eut également une régression des plantes. " La vie a mis du temps pour récupérer ", insiste Claude Babin. A cette époque, tous les continents étaient réunis en un super-continent unique, la Pangée, s'étendant du pôle Nord au pôle Sud. Ce regroupement a eu pour conséquence de modifier le climat, et de réduire considérablement la surface des mers peu profondes où sont concentrés les êtres vivants. Ces grandes crises du vivant résultent donc souvent d'une conjonction de causes mêlant impacts météoritiques, volcanisme important, regroupements en super-continents et modification climatique. Elles ont joué un rôle important dans l'évolution des espèces, en ouvrant de nombreuses niches écologiques dans lesquelles de nouveaux organismes se sont développés. Il est classique de dire que la disparition des dinosaures a permis aux mammifères, jusque-là cantonnés à de petites tailles, de développer leurs potentialités, et aux oiseaux, descendants directs des dinosaures, de prendre leur essor. L'étude de ces cataclysmes a aussi montré la fragilité de la biosphère terrestre. Certains scientifiques n'hésitent pas à dire qu'une sixième extinction a commencé, due à Homo sapiens cette fois. C'est le thème de l'ouvrage La Sixième Extinction : évolution et catastrophes, publié récemment par Richard Leakey et Roger Lewin (Flammarion, 1999, 352 p., 45 F, 6,9). Une inquiétude partagée par Philippe Bouchet, zoologiste et professeur au Muséum national d'histoire naturelle. " Pour les groupes les mieux connus, tels que les oiseaux et les mammifères, le taux d'extinction dû à l'homme depuis deux cents ans est quarante à soixante fois supérieur au taux d'extinction naturel, dit-il. Et, dans la forêt tropicale, il est dix mille fois supérieur. "

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,2320,seq-2077-34716-QUO,00.html

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  • silvere kabore

    31/01/2014

    Merci pourtous ces éclaircissements sur les 5 grandes crises qu'à subit la biodiversité. Cependant ce que vous qualifiez de 6ème grande crise à mon avis peut être maîtrisé dans la mesure où l'on en est déjà conscient. Merci à vous.

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