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Des chercheurs parviennent à régénérer les muscles de souris myopathes à l'aide de cellules-souches

Une équipe de l'Institut Pasteur de Paris est parvenue à isoler chez la souris des cellules souches musculaires adultes ayant la capacité de réparation des tissus. Vingt mille de ces cellules greffées sur des souris atteintes d'une forme de myopathie ont permis d'obtenir chez cet animal une régénération des fibres musculaires. Ce résultat a été publié sur le site de la revue américaine Science par un groupe de biologistes dirigés par Didier Montarras (Unité de génétique moléculaire du développement, Institut Pasteur-CNRS). Outre qu'il témoigne du développement considérable des travaux expérimentaux dans le domaine de la myologie, ce travail est une nouvelle étape dans l'identification, l'isolement et l'usage des cellules souches adultes, mais aussi dans leur utilisation pour la thérapie cellulaire des maladies musculaires.

A la différence de nombre de leurs confrères étrangers, qui, quand la législation le leur permet, travaillent sur des cellules souches embryonnaires, les biologistes de l'Institut Pasteur ont choisi de mener leurs travaux sur les cellules souches. Ces dernières sont en effet au centre d'une vive controverse depuis leur découverte par un groupe de chercheurs américains de l'Institut de cellules souches de l'université du Minnesota, dirigé par le docteur Catherine Verfaillie.

En effet, les résultats de ces chercheurs, établissant que ces cellules avaient des propriétés équivalentes aux cellules d'origine embryonnaires, n'avaient jamais pu être véritablement reproduits. En raison notamment du très petit nombre de ces cellules dans les organismes adultes et du manque de marqueurs spécifiques, deux éléments qui, jusqu'à présent, ont considérablement limité l'efficacité des tentatives.

L'analyse a montré que la greffe de vingt mille cellules ainsi purifiées entraînait une régénération musculaire équivalente ou supérieure à celle obtenue précédemment avec un million de cellules musculaires précurseurs provenant de cultures cellulaires, précisent les chercheurs. Ces cellules étant encore proches de leur état natif au moment de la greffe, cela leur confère une capacité supérieure de colonisation du muscle greffé.

Cette approche va être étendue à d'autres modèles expérimentaux : animaux, porcs, brebis et chiens. Les chercheurs vont aussi tenter d'isoler à partir d'une simple biopsie des cellules souches musculaires adultes chez l'homme pour, le cas échéant, les utiliser dans le cadre d'essais cliniques. Une approche parallèle pourrait également être envisagée pour prospecter et développer de nouvelles voies thérapeutiques contre les séquelles de l'infarctus du myocarde. Cette nouvelle avancée remarquable de la recherche confirme l'avènement de la révolution de la médecine régénératrice que nous vous annoncions dans notre éditorial du 02-09-2005.

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