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Un cerveau numérique pour prédire la maladie d'Alzheimer

Le projet Dynamo (DYNAmic Models), mené par Stanley Durrleman, responsable du centre de neuro-informatique (équipe ARAMIS) au sein de l’Institut du cerveau et de la Moelle épinière (ICM) à Paris et le Professeur Harald Hampel, neurologue et psychiatre à l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer (CHU La Pitié Salpétrière, Paris) vise à créer un modèle numérique de l’évolution du cerveau au cours de la maladie d'Alzheimer, afin de fournir aux soignants un outil de médecine personnalisée et prédictive.

Pour rappel, la maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui touche 225 000 nouveaux cas par an en France. Causée par l’agrégation progressive de deux protéines anormales dans le cerveau (Amyloïde-A-béta et P-Tau), elle présente une phase silencieuse (sans symptômes) qui peut durer de 10 à 15 ans jusqu’à l’arrivée des premiers signes cliniques (perte de mémoire, de repères, troubles cognitifs) survenant en majorité après 65 ans.

Aujourd’hui, on ne sait diagnostiquer la maladie qu’après l’apparition des tout premiers symptômes, c’est-à-dire au moins une décennie après que la pathologie cérébrale a débuté. Ce qui serait la raison de l’échec des traitements testés lors des essais cliniques, prescrits trop tardivement pour enrayer le processus.

Selon les chercheurs, l’idéal serait donc de repérer la maladie bien avant qu’elle ne se déclare cliniquement pour pouvoir agir plus précocement. Pour ce faire, l’équipe de Dynamo a accès aux données médicales de milliers de patients (imagerie, tests biologiques, génétiques, tests neuropsychologiques)  de la cohorte publique américaine ADNI, composée de près de 1500 malades à différents stades de la maladie d’Alzheimer. Mais aussi celles de 350 volontaires de la cohorte française Insight (CHU Pitié Salpétrière, Paris), âgés de 55 à 90 ans, non malades au départ mais exprimant une plainte mnésique et dont certains individus seulement développeront une maladie d'Alzheimer.

Pour le Profeseur Hampel, un tel modèle numérique permettrait une prise en charge précoce pour le patient et sa famille, comprenant des mesures de prévention pour reculer la survenue des premiers symptômes. Une prévention qui peut s'avérer cruciale. "Si l’on repoussait actuellement de cinq ans l’apparition de la maladie d’Alzheimer , on diviserait le nombre de patients atteints par deux !"

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Dynamo

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