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Cancer du sein : le rôle crucial du gène BRCA1

Environ 5 % des cancers du sein sont causés par ce gène défectueux, transmis par l’hérédité. Une étude récente montre que l’impact désastreux de ce gène dysfonctionnel est dû à une désorganisation de la structure de l’ADN qui mène à une croissance incontrôlée des cellules.

On sait depuis plusieurs années que les femmes qui ont hérité d’une version mutée des gènes BRCA1 et BRCA2 ont un risque d’être touchées par un cancer du sein (ainsi que des ovaires) beaucoup plus élevé que la population en général. Ainsi, alors que le risque de développer une tumeur mammaire est d’environ 10 % chez les femmes en général, ce risque peut atteindre 85 % pour les porteuses d’un gène BRCA1 défectueux.

Ces cancers sont particulièrement tragiques, car ils surviennent prématurément (avant 50 ans, parfois même beaucoup plus tôt), mettant du même coup en péril la vie de jeunes femmes, souvent mères d’enfant en bas âge. Les femmes issues d’une famille où la mère, une tante ou encore une soeur ont été touchées par un cancer du sein ou des ovaires doivent donc être particulièrement vigilantes et en discuter avec leur médecin, surtout si ces cancers sont survenus avant 40 ans.

La hausse importante du risque de cancer du sein et des ovaires provoquée par des mutations de BRCA1 est due au rôle important de ce gène dans le maintien de l’intégrité du matériel génétique des cellules. En effet, la protéine qui est produite par le gène BRCA1 est localisée dans le noyau où elle fait partie d’une escouade de «gardiens» du matériel génétique spécialisés dans la réparation de dommages qui surviennent spontanément à l’ADN. BRCA1 joue entre autres un rôle critique dans la restauration de cassures particulièrement difficiles à réparer parce qu’elles touchent les deux brins de la molécule d’ADN. Chez les porteuses d’une mutation du gène BRCA1, cette protéine de réparation est non-fonctionnelle et les cellules accumulent par conséquent de multiples dommages dans leur matériel génétique. Avec le temps, ces dommages mènent à un dérèglement des mécanismes de contrôle de la croissance des cellules et, ultimement, à une hausse spectaculaire de l’incidence des cancers du sein et des ovaires.

En plus de ses fonctions de réparation, une étude récente indique que BRCA1 pourrait aussi jouer un rôle important dans l’organisation de la structure physique de l’ADN. En conditions normales, seule une partie de l’ADN est utilisée par la cellule pour fabriquer les protéines requises pour son fonctionnement ; la majorité du matériel génétique (qu’on nomme ADN non codant) est généralement empaquetée de façon très compacte et demeure silencieuse, c’est-à-dire que l’ADN est enroulé sur lui-même et reste inaccessible. Une équipe de chercheurs américains a montré que dans les cellules dépourvues de BRCA1, ces régions normalement silencieuses étaient au contraire très actives et produisaient de grandes quantités d’intermédiaires appelés ARNs. Ils ont observé que la présence anormale de ces ARNs perturbe complètement l’organisation du matériel génétique, provoquant des cassures dans plusieurs régions de l’ADN et une perturbation des mécanismes impliqués dans le contrôle de la croissance des cellules.

Cette découverte est importante, car elle pourrait permettre le développement d’outils diagnostiques capables de détecter de façon très spécifique la présence de ces ARNs anormaux et ainsi de détecter une tumeur du sein à un stade précoce, augmentant du même coup les chances de guérison de la personne atteinte. L’amélioration du traitement d’une maladie aussi complexe que le cancer passe obligatoirement par une meilleure compréhension des mécanismes qui en sont responsables.

Canoe

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