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Baxter, le robot intelligent qui va rendre l'industrie américaine plus compétitive

Il ya deux mois, un nouvel employé a fait sensation en arrivant sur la ligne de production des Plastiques Vanguard à Southington (Connecticut), une ville longtemps florissante sur le plan industriel mais qui a vu la plupart de ses usines fermer pour cause de délocalisation. Ce collaborateur d'un nouveau genre n'est autre qu'un robot étonnant fabriqué par la firme américaine Rethink Robotics et dénommé "Baxter". Haut de 1,50 mètre, c'est le premier robot humanoïde low-cost à destination des petites et moyennes entreprises.

Ce robot d'un nouveau genre est équipé de deux bras articulés, de pinces et d’une tablette tactile qui lui fait office de tête. Mais Baxter n'est pas destiné à remplacer les ouvriers de la chaîne de montage ; il est en effet conçu pour assister les ouvriers humains et les rendre plus efficaces et plus productifs dans leurs tâches.

Contrairement à la plupart de ses homologues robots industriels, Baxter se déplace lentement et, grâce à ses nombreux capteurs en tout genre, il ne présente pas de danger pour ses collègues humains. Mais la grande innovation réside dans le fait que Baxter n'est pas destiné à n'accomplir qu'une seule tâche répétitive. Il a en effet été conçu de manière à pouvoir être reprogrammé très facilement par les ouvriers qu'il assiste et il est capable de remplir avec une grande précision de nombreuses tâches se déroulant tout au long du processus de production.

Face à leurs concurrentes basées dans des pays à faible coût de main d’œuvre, les entreprises n’auraient ainsi pas besoin de s’installer en Chine ou en Thaïlande et sauvegarderaient des emplois aux États-Unis.

Pour le concepteur de ce robot, Rodney Brooks, chercheur réputé au MIT, les robots, s'ils sont utilisés avec intelligence, peuvent contribuer de manière décisive à éviter ou limiter les délocalisations de production dans des pays à moindre coût de fabrication. Mais pour cela, il faut que ces robots deviennent accessibles aux PME. C'est pourquoi Baxter qui sera commercialisé en octobre, ne coûtera que 19 000 euros et aura une durée de vie de 6 500 heures (soit un coût horaire de 3 euros de l’heure) alors que prix moyen d’un robot industriel se situe autour de 100 000 euros.

Outre ce prix d'achat très compétitif, Baxter devrait avoir un coût d'exploitation très faible et une productivité accrue car il suffit que ses collègues humains lui montrent les mouvements à accomplir pour qu’il soit capable, dans une certaine limite, de les reproduire.

Actuellement, il y aurait environ 1,2 million de robots en service dans l’industrie mondiale, selon la Fédération Internationale de la Robotique, et cet organisme table sur la création d'au moins un million d'emplois dans le monde d'ici 2016 grâce aux robots.

Selon Rodney Brooks, des robots comme Baxter pourraient permettre une relocalisation et une ré-industrialisation massives des Etats-Unis en augmentant considérablement la compétitivité des usines américaines. En outre, Rodney Brooks souligne que ce type de robot est conçu pour assister l'homme et pas pour le remplacer. "Il s'agit de rendre le travail des ouvriers plus riche et plus intéressant tout en améliorant la productivité globale" précise t-il.

Article rédigé par Mark FURNESS pour RTFlash

Technology Review

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  • Franck

    28/09/2012

    Je pense que les robots ne cotisant pas pour la retraite, la sécurité sociale, le chômage, etc. ..., un sérieux problème est posé.
    Où est le bénéfice pour la société humaine ?

  • Clorr

    30/09/2012

    Bon et pourquoi ils n'iraient pas assister lesouvriers en chine ? (jusqu'au moment ou de toute facon, ils replaceront les ouvriers. Quelle betise de croire encore a un miracle de reindustrialisation en occident (et de toute facon, les "emergents" auront le meme probleme a un moment donné) !

    Il serait de repenser notre vision des choses non ?

  • zelectron

    2/10/2012

    Il faut "baxteriser" la France et vite*, avant de mourir !
    * et prélever le minimum vital pour une sécurité sociale universelle mais débarrassée de ses parasites suceur de sang du peuple (faux malades, prises de médicaments en dépit du bon sens, opérations de confort, ambulances à double ou triples trajets etc...etc...)

  • Mumen

    3/10/2012

    "Baxter n'est pas destiné à remplacer les ouvriers de la chaîne de montage"

    Toujours la même soupe : le progrès devait nous libérer du travail. Si l'on en juge par l'augmentation irrépressible du chômage et de la précarité, c'est fait.

    "il suffit que ses collègues humains lui montrent les mouvements à accomplir pour qu’il soit capable, dans une certaine limite, de les reproduire"

    Tout est dit en deux phrases.

    La limite, évoquée comme "garde fou" du technologisme sans frein, on sait bien que la mise en phase réelle dont parle l'article, avec l'aide des salariés même qui en subiront les inévitables conséquences, on sait bien donc que cette phase sert à améliorer ce gentil Baxter pour qu'il sache précisément se passer de cette foutue main d'oeuvre humaine pas assez prévisible et trop coûteuse, humanité qui est la véritable limite du technologisme.

    Le technologisme n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais un humanisme. La moitié du contenu de ce genre d'article est tout simplement la narrative qui permet de faire passer ce mensonge.

  • DomiM

    25/01/2013

    Bonjour,

    Merci Mumen ça m'a évité de l'écrire :)

    1 . Il faudra quand même qu'on puisse acheter ce que ces robots fabriqueront.
    2 . Moins de cotisation alors c'est beaucoup plus de chômeur qui travaillaient grâce à elles

    2 bonnes raison de revoir le modèle.

    Profité de la productivité de ces robots pour construire on monde durable où l'on ne travaille que quand on en a envie.

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