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Les bases génétiques de l'autisme se révèlent peu à peu

En analysant les données des génomes de 4.890 patients atteints de troubles du spectre autistique (TSA), des scientifiques de l’Université de Californie du sud (USC), dirigés par le neurobiologiste, Bruce Herring, ont découvert huit nouvelles mutations, concentrées sur une même région du même gène, le gène TRIO, qui augmente sensiblement le risque de troubles du spectre autistique (TSA). Cette découverte importante, qui vient d'être publiée dans la prestigieuse revue Nature, confirme le rôle-clé de ce gène TRIO, qui code la synthèse d'une protéine jouant un rôle-clé dans la stabilité des connexions entre les cellules du cerveau.

Selon ces travaux, les altérations observées dans la fonction de la protéine au début du développement du cerveau de l’enfant sont bien de nature à déclencher une réaction en chaîne qui entrave les connexions du cerveau donc sa capacité à stocker et à traiter l'information. L'étude souligne par ailleurs que la probabilité que ces mutations se produisent par hasard est d’environ de 1 sur 1,8 milliard de milliards…

Fait remarquable, les 8 mutations découvertes se situent toutes dans une petite région du gène TRIO, « GEF1 / DH1 » qui code pour une zone spécifique de la protéine Trio qui se lie et active une autre protéine, Rac1. Or, cette dernière participe à la construction des connexions du cerveau. En l'absence de ces mutations, le domaine GEF1 / DH1 active Rac1, ce qui entraîne la croissance de filaments d'actine qui forment l'échafaudage des connexions cérébrales. Mais lorsque ces mutations sont présentes, elles empêchent Trio d'activer Rac1, ce qui perturbe la stabilité des connexions ente les différents aires du cerveau.

Constatation très intéressante, le gêne TRIO possède un "jumeau", très proche, le gène KALRN. Ces deux gènes font partie de la même voie de signalisation dans les cellules du cerveau. Or certaines mutations de KALRN sont retrouvées chez des personnes atteintes de schizophrénie. Les mutations KALRN perturbent cette voie pendant l'adolescence, un moment où le cerveau est plus développé, ce qui explique que les symptômes de la schizophrénie apparaissent à l'adolescence. Cette découverte semble donc conforter l'hypothèse d'une base génétique commune à l'autisme et la schizophrénie.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

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